L’avenir du travail. Les mutations du monde du travail

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Mise à jour le 22 septembre, 2022 par Metaverse

Les changements que nous vivons dans le monde du travail sont continus et accélérés. Si nous voulons savoir à quoi ressemblera le travail, et comment s’articuleront les relations de travail, à l’avenir, la seule chose que nous pouvons savoir, c’est qu’elles changeront continuellement. Il faut oublier d’essayer de trouver un point d’hébergement stable pour faire face aux nouvelles réalités. Comme l’a dit Yuval Noah Harari, l’auteur de « Sapiens », « toute tentative de définir les caractéristiques de la société moderne revient à définir la couleur d’un caméléon. La seule caractéristique dont nous pouvons être sûrs est le changement incessant. Et le problème est qu’à de nombreuses reprises, il est destiné à comprendre l’évolution de la réalité du travail en utilisant des schémas conceptuels du passé. Cela explique la perplexité face aux changements et le caractère improvisé et volontaire de nombreuses mesures proposées pour mettre de l’ordre dans la nouvelle donne.

Nouveaux défis sur le marché du travail

Surtout, le monde du travail subit l’impact des processus d’automatisation ou de robotisation. Impact qui affecte à la fois le volume d’emploi requis et les caractéristiques de cet emploi. Le volume d’emploi est affecté par combien l’automatisation des processus, l’utilisation de robots de plus en plus sophistiqués, diminue, plus ou moins drastiquement selon les secteurs, le besoin en main-d’œuvre. La destruction d’emplois est énorme, même s’il est vrai que le même processus qui détruit l’emploi génère également de nouvelles opportunités d’emploi. Le problème est double : d’une part, il y a, comme dans tous les processus de changement des systèmes de production que nous avons connus historiquement, un décalage inévitable entre la destruction d’emplois et l’apparition sur le marché de nouveaux travaux. À court terme, cela exerce une pression sur le chômage et provoque l’existence de générations actives qui subissent davantage les conséquences du changement.

D’autre part, et nous rejoignons ici l’autre impact de l’automatisation, qui affecte les caractéristiques de l’emploi, les nouveaux emplois ont des exigences de formation très différentes et peuvent ne pas répondre aux schémas traditionnellement connus dans le monde du travail. Les emplois qui se présentent sont différents des précédents, avec des exigences de formation très différentes (ce qui rend difficile l’occupation des travailleurs déplacés par l’automatisation) et avec des modes d’offre de travail qui peuvent également différer sensiblement des emplois traditionnels.

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Changements par secteurs

Il faut aussi tenir compte du fait que les conséquences de l’automatisation se font sentir très différemment selon le secteur de main-d’œuvre que l’on considère. La main-d’œuvre plus qualifiée (et mieux rémunérée), dont la performance au travail nécessite l’utilisation de compétences à forte composante cognitive, est actuellement peu affectée par la robotisation. Leurs tâches sont peu manuelles et peu répétitives et donc (j’insiste, aujourd’hui, en attendant des robots dotés de capacités cognitives, capables de prendre des décisions de manière autonome) difficilement automatisables. De même, la main-d’œuvre moins qualifiée (et moins rémunérées), affectées dans une proportion croissante aux services à la personne, résistent également aux ravages de l’automatisation, pour effectuer des tâches manuelles mais non répétitives. L’impact le plus important de l’automatisation se produit dans les emplois moyennement voire hautement qualifiés et moyennement ou moyennement rémunérés, qui sont manuels et répétitifs et donc facilement remplaçables par un robot. Cela affecte pleinement le secteur industriel et les composantes plus traditionnelles et plus syndiquées de la population active.

L’avenir des salaires selon le type de travail

Cela explique divers changements qui s’opèrent dans le monde du travail. Elle est entre autres à la base, avec d’autres facteurs bien sûr, de l’ouverture croissante de l’échelle salariale, avec un écart plus important entre les travailleurs les mieux payés et les moins bien payés (précisément en raison de l’impact plus important subi par les travailleurs qualifiés et emplois rémunérés. Et cela explique, ou aide à expliquer, certains des changements qui intriguent la plupart des analystes qui continuent à utiliser les schémas conceptuels du passé. Par exemple, la renaissance du travail indépendant.

Laissant de côté les phénomènes manifestement frauduleux, qui ne cherchent qu’à contourner la réglementation du travail, comme le faux travail indépendant. De nombreux nouveaux emplois dans les secteurs de haute technologie, avec une utilisation intense des technologies de l’information, naissent ou sont formalisés en tant qu’indépendants, non adaptés au schéma traditionnel de l’emploi salarié. De plus en plus, de nouvelles possibilités d’emploi indépendant se présenteront, des emplois plus ou moins dépendants (et donc avec un besoin de protection plus ou moins important) mais en tout cas clairement différenciés de l’emploi traditionnel.

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D’autre part, les nouveaux emplois qui apparaissent dans les secteurs les plus avancés de l’économie sont liés à des projets spécifiques et sont donc présentés comme des emplois temporaires. Nous continuons à penser l’intérim comme un facteur de précarité qui, à de nombreuses reprises, cherche simplement à éviter l’engagement à durée indéterminée, en raison des coûts économiques et juridiques plus élevés qui y sont associés. Bon nombre des nouveaux emplois générés par les changements dans le système de production sont des emplois temporaires, ce sont des emplois qui nécessitent une relation de travail temporaire et non indéfinie. L’introduction récente en France, du fait de la réforme Macron, de la figure du contrat lié à un projet, est un bon exemple de ces nouvelles réalités.

Si nous entendons continuer à traiter la temporalité exclusivement en termes de pathologie, ou du moins d’exceptionnalité, dans les contrats de travail, nous ne pourrons pas apporter une réponse réglementaire adéquate aux nouvelles réalités du monde du travail. De même, tant la réglementation du travail que la protection sociale devront tenir compte du phénomène du nouveau rôle que joue et jouera de plus en plus le travail indépendant.

Enfin, un changement non négligeable dans le domaine des relations de travail est celui qui découle de la tendance, produit inévitable des phénomènes antérieurs, à l’individualisation des relations de travail. La régulation individuelle des conditions de travail sera de plus en plus pertinente et le contrat de travail retrouvera des espaces importants pour la détermination des conditions de travail. Cela crée un point de friction majeur avec le système traditionnel de négociation collective et avec la prétention du syndicat à conserver un monopole sur la réglementation des conditions de travail.

Tout cela préfigure un monde du travail changé et changeant. Il sera inutile d’essayer d’ignorer les changements ou de les annuler par des réglementations coercitives. Nous devons chercher de nouvelles réponses réglementaires aux nouvelles réalités auxquelles nous sommes confrontés, et ne pas essayer d’ignorer les changements et de les réorienter vers les schémas du passé.

Metaverse
Écolo-engagée, amoureuse de la communication 2.0. Je suis chargée de marketing digital. Ma passion depuis toujours : l’écriture ! Ce métier s’est donc manifesté comme une évidence. Depuis mon plus jeune âge, j’adore enquêter, trouver des informations que d’autres n’ont pas, et la lecture tient également une place importante dans mon cœur. Passionné depuis toute petite par l’écriture et de nature très curieuse, je m’intéresse à tous les sujets !